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mai 20, 2019


Fonder Coutume


ON THE ROAD
Mai 2019
  
En Novembre 2014, je descendais de l’avion qui m’amenait au Guatemala pour la première fois. Dans mon sac, un vieux Canon qui appartenait à mon père et quelques pellicules, un ordinateur, des crayons et du papier. Je posais le pied à Santiago où je prévoyais de rester quelques mois, sans aucune idée de ce qui m’attendait.
 
L’histoire de Coutume a probablement commencé quelques mois plus tôt, à Paris. À cette époque, j’avais arrêté de travailler dans l’industrie de la mode et déjà pris plusieurs mois pour voyager, pour me donner du temps… Je cherchais une nouvelle voie à suivre en tant que designer et j'avais envie de retourner à la source de la fabrication textile, à l’artisanat pur. C’était un peu comme ouvrir le carnet à une page blanche. 
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Ce fut sans doute une photo, trouvée au hasard dans un magazine textile, qui me donna la direction. Une femme guatémaltèque, assise au pied d’un arbre, tissait sur un métier accroché entre ses hanches et le tronc devant elle. Autour d’elle, des grandes feuilles d’un vert vibrant et des arbres immenses… Je n’avais jamais rien vu de pareil, ce lien simple et beau entre l’art et la nature.
Je reconnaissais en moi un sentiment d’harmonie et de curiosité et pensais alors : il y a quelque chose là-bas, presque d’inexplicable. En bas de la page, je trouvais l’adresse de la coopérative textile Cojolya, sur les bords du lac Atitlan.Je suis restée deux ans au Guatemala, à travailler pour cette association qui a partagé ses savoirs et techniques textiles centenaires. Ce fut une collaboration extraordinaire, entre maîtres artisanes et designer, pour développer de nouveaux objets, de nouveaux projets et grandir un peu plus ensemble.
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Je me suis attachée à ce pays, à cette culture et ces lieux. Je fais partie de ces voyageurs qui n’arrivent plus à rentrer chez eux. Ceux qui s’accrochent aux petits riens, qui deviennent comme des photographies, des mémoires collées au corps.
Mes petits riens, c’était la poussière dorée mêlée à la lumière du soir. L’humidité, à l’ombre des jardins ou les fleurs de vigne qui balancent avec le vent. C’était les couleurs abimées des rues d'Antigua, le rouge terracotta, l’ocre et l’indigo. Les nuances oranges et noires entre les falaises qui tombent sur le lac, comme des intervalles de soleil.
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Le Guatemala vous envoie ces petites merveilles, parfois impalpables, comme des baumes qui guérissent tout... Le bleu de l'eau à perte de vue, reflétant les nuages comme un miroir. Les volcans qui s’élèvent dans la brume en été et qui, comme nous parfois, crient ou tremblent dans un frisson sourd. Il vous éveille avec les chants des oiseaux, le bruit des clappements sur les tortillas, l’odeur du feu de bois qui s’élève au dessus de la ville. 
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C’est cette force indescriptible qui vous retient, la beauté qui vous frappe, dans les grands espaces ou la démarche d’une femme portant un panier sur la tête.
  
 
Étrangement, la confusion et le désordre ici sont entrés dans ma vie comme une liberté. J’aimais fouiller dans les piles de tissus étalés sur le sol des bazars ou à l’arrière des boutiques, plonger des heures dans les archives de la « bodega » pour en vider tous ses trésors de fils et de motifs. J’aimais que l’on me pousse entre deux étals de marché et voyager à l’arrière des pick-up, les cheveux au vent. Je ressentais presque un sentiment de tranquillité quand, les fenêtres ouvertes sur la rue laissaient entrer les cris des enfants qui se chamaillaient dans la cour, pendant que le chien aboyait sur le toit.
 
À mon retour en France, j'ai fondé Coutume, une entreprise qui grandit doucement, comme une histoire d’amour, comme une famille entre la France et l’Amérique Centrale. J'y ai mis toutes ces mémoires, ces couleurs et ces richesses textiles que j'adorais. Je ne me lasse jamais de découvrir d’autres inspirations, échantillons anciens, de parcourir les marchés antiques et les ateliers de fabrication.
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À chaque voyage, je retrouve cette grande humanité, les rires forts et la bienveillance sans limite. Je continue de m’inspirer de ces proches, amis, artistes, qui mettent une énergie formidable dans des projets qui font du bien à leur communauté, à leur planète, qui tissent encore les textiles qui définissent une partie de leur culture et de leur identité.

Je me sens réellement chanceuse de collaborer avec ces artisans, de construire avec eux de nouveaux objets et de révéler à travers Coutume, la beauté de leur fabrication fascinante.

 

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